La poterie de Marnaz est un incontournable du patrimoine marnerot. Ouverte au XVIIIème siècle, elle a fermé ses portes en 2010. Mais nombreux sont ceux qui conservent jalousement chez eux les oeuvres conçues en ce lieu magique. Petite histoire de cette poterie au service d’un art populaire inscrit dans la plus pure tradition savoyarde.  

Les mains dans la marne

Cécile Coronel, poterie Guyot Marnaz
Cécile Coronel

Chaque vacances d’été c’était la même chose. La tatan voulait passer à la poterie de Marnaz pour replonger ses yeux dans les bleus intenses et les verts profonds ornés de décors traditionnels savoyards.

Si aujourd’hui la poterie est fermée, personne ne l’a oubliée. Le nom de Marnaz est intimement lié à la terre. Marne signifie terre : elle est riche en bord d’Arve. Les potiers d’hier et d’aujourd’hui l’ont donc utilisée comme matière première.

C’était le cas lors de l’ouverture de la poterie au XVIIIème siècle  et c’était une affaire familiale.

Cécile Coronel-Guyot, la mère, a commencé dès 14 ans et a pris sa retraite 80 ans plus tard : de quoi laisser sans voix tout un rond-point de gilets jaunes.

Elle s’occupait de la réalisation des motifs au barolet. Son fils, Bernard Coronel, tourna les dernières pièces de la poterie.

En circuit court !

Adepte du circuit court avant l’heure, la famille réalisait toutes les étapes en local. L’argile était extraite près de Marnaz. Elle était tournée : bols, pichets, plats à tarte, coquetier…

Bernard Coronel Poterie Guyot Marnaz, marne
Bernard Coronel extrait la marne

Une fois la première cuisson faite, de l’engobe était apposé : une couche uniforme était d’abord appliquée, puis les motifs étaient réalisés au barolet, sorte de poire remplie d’engobe.

Enfin, un émail transparent recouvrait le tout pour donner la brillance aux pièces.

Si cette famille d’artistes-artisans était discrète, elle bénéficiait d’une renommée internationale : elle reçut la médaille d’or pour la qualité du décor à l’exposition internationale de Paris en 1937.

Les bols marnerots ont également voyagé dans le cadre d’une exposition internationale nommée « Mille et Un bols », sous le patronage de l’UNESCO.